Apophis, un astéroïde potentiellement dangereux et très surveillé, est passé sans danger à plusieurs millions de kilomètres de la Terre. La prochaine fois que nous le reverrons, il volera à seulement 32.000 kilomètres !


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    Dans la mythologie égyptienne, Apophis est un monstre en forme de serpent, propagateur du chaos et du mal. Bref, un nom et une fonction qui sied parfaitement à un astéroïde potentiellement dangereux dont les risques d'entrer en collision avec la Terre ont été considérés comme non nul après sa découverte en 2004.

    Heureusement, depuis, les astronomesastronomes ont appris à le connaître et ont revu à la baisse la probabilité qu'un tel événement se produise lors de sa prochaine visite, le vendredi 13 avril 2029.

    Ce week-end, (99942) Apophis est passé loin de nous à une distance sure de quelque 16,8 millions de kilomètres, soit plus de 44 fois la distance moyenne entre la Terre et la Lune. Le gros caillou de la taille de la tour Eiffel n'était pas visible à l'œilœil nu mais cela n'a pas empêché des astronomes amateurs de le suivre toute la nuit et de le photographier avec leur télescope.

    L’astéroïde sera visible à l’œil nu en 2029 !

    En 2029, en revanche, il frôlera littéralement la Terre à 31.900 kilomètres. Cette nuit-là, nous aurons donc tous la possibilité (et la chance) de l'admirer à l'œil nu -- il brillera à une magnitude 3 -- lors de sa traversée du ciel. De mémoire d'Homme, ce sera une véritable première.

    Des chercheurs ont calculé que l'impact à la surface de la Terre d'un géocroiseur de cette masse (elle est estimée entre 40 et 50 millions de tonnes) provoquerait des dégâts à une échelle régionale sur une superficie comparable à celle de la France.

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    Le gros astéroïde Apophis, qui frôlera la Terre en 2029, a sa trajectoire modifiée

    Rien de tel n'est annoncé et sa prochaine visite à notre Planète sera l'occasion pour les astrophysiciensastrophysiciens de le traquer au plus près et d'obtenir davantage de détails sur cet objet, ses caractéristiques, de même que d'affiner ses trajectoires futures. Et peut-être qu'un nouveau radiotélescope Arecibo sera de la partie.


    L'astéroïde Apophis est de retour

    Article de Jean-Baptiste FeldmannJean-Baptiste Feldmann publié le 8 janvier 2013

    Apophis, le plus célèbre des astéroïdesastéroïdes, passe le 9 janvier à 15 millions de km de la Terre. C'est la dernière fois que l'on peut l'observer aussi bien avant qu'il ne frôle la Terre en 2029.

    L'astéroïde géocroiseur 99942 Apophis mesure environ 300 m de diamètre pour 27 millions de tonnes, et a été découvert le 19 juin 2004 par Roy Tucker, du Goodricke-Pigott Observatory (Tucson, Arizona) en utilisant un nouveau dispositif de surveillance du ciel.

    Il est devenu célèbre quelques mois plus tard, quand des scientifiques du Jet Propulsion LaboratoryJet Propulsion Laboratory (JPL) et de l'université de Pise, spécialisés dans la prévision des impacts d’astéroïdes, ont constaté en même temps que ce caillou céleste risquait d'entrer en collision avec la Terre le vendredi 13 avril 2029, provoquant une explosion équivalant à 58.000 fois la bombe qui a rayé de la carte la ville d'Hiroshima en 1945. De quoi détruire un pays de la taille de la France s'il venait à frapper la terre ferme, mais sa chute dans l'océan ne serait guère plus réjouissante : le tsunami alors déclenché produirait des vaguesvagues hautes de 150 m se déplaçant à 100 km/h.

    De nouveaux calculs ont heureusement contredit cette effrayante perspective : il n'est plus question que l'astéroïde Apophis nous percute lors de ses prochains passages rapprochés en 2029, 2036 et 2068.

    Trajectoire d'Apophis le 13 avril 2029. Le tiret blanc à proximité de la Terre indique la marge d'erreur possible actuellement estimée. © Nasa
    Trajectoire d'Apophis le 13 avril 2029. Le tiret blanc à proximité de la Terre indique la marge d'erreur possible actuellement estimée. © Nasa

    Dernier passage favorable avant 2029 pour Apophis

    Pour autant, la surveillance de cet astéroïde reste une priorité, son orbiteorbite pouvant être modifiée par des effets gravitationnels. Une hypothèse qui n'est pas à négliger quand on se souvient de la mésaventure qu'a connue la comètecomète Shoemaker-Levy 9Shoemaker-Levy 9 : en 1992, elle avait subi une forte attraction gravitationnelle lors de son passage près de Jupiter, planète sur laquelle elle s'était écrasée deux ans plus tard en juillet 1994.

    Demain, Apophis passera à 15 millions de km de la Terre (il sera seulement à 30.000 km de nous en avril 2029), une excellente occasion pour les scientifiques d'étudier sa trajectoire pour affiner leurs prévisions, puisque les prochains rapprochements d'Apophis avant 2029 seront beaucoup moins favorables. Plusieurs télescopes sont donc braqués sur ce caillou actuellement de magnitude 16, comme les deux instruments automatisés du Virtual Telescope Project basé en Italie. En France, c'est François Colas, astronome à l'IMCCE (Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides), qui a utilisé le télescope d'un mètre de diamètre du pic du Midi pour réaliser une vidéo du déplacement d'Apophis devant les étoiles. Cet instrument, installé en 1960 par la NasaNasa pour cartographier la Lune en vue de préparer les missions ApolloApollo, avait fourni en 2009 des images impressionnantes d'un impact sur Jupiter.