Le Mésolithique (-12000/-6000) et le Néolithique (-6000/-2500)

Le Mésolithique (-12000/-6000) et le Néolithique (-6000/-2500)

On dispose de peu de données pour cette période et l'exemple ci-dessous ne permet pas de confirmer une réelle thérapeutique. Il sous entend tout de même quelques soins pour limiter la situation.

L'homme du Cuzoul de Gramat (Lot)

Image du site Futura Sciences

Assez jeune il possédait une lésion du calcanéum gauche considérablement hypertrophié dans la partie talonnière. Il s'agit d'une séquelle d'un important traumatisme, probablement une fracture ouverte avec suffusion sanguine et une infection consécutive.

Il a survécu à cet accident, suffisamment de temps pour que les os du pied reprennent leur fonction quasi-normale par la formation d'une nouvelle facette postérieure. L'absence de réaction des autres os du pied penche dans ce sens. Mais sa locomotion devait être chaloupée.

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Plus nombreux sont les témoignages osseux de ces périodes. Les pathologies peuvent être classées en divers groupes. On a les maladies congénitales et de croissance , les traumatismes, les traces de maladies infectieuses (ostéites, tuberculose, spondylarthrite ankylosante), les maladies dégénératives, les néoplasies, les hémopathies, les maladies cryptogénétiques et les pathologies dentaires.

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Le terme de soins thérapeutique peut sembler exagéré, mais les indices découverts montrent que ces hommes préhistoriques avaient une certaine connaissance du corps humain et des soins éventuels à lui apporter.

Le traitement des fractures

En dehors de l'immobilisation, il ne pouvait réduire une fracture avec déplacement. Le chevauchement des os et la synostose induisent une impotence grave pour le quotidien mais les Néolithiques ne pouvaient faire davantage.

Le traitement des affections ostéo-articulaires.

Quand il y avait une luxation, il semble admis aujourd'hui que certains « rebouteux » intervenaient afin de rétablir l'articulation. Lorsqu'il y avait une affection qui durait, il semble qu'ils aient pratiqué des mouvements afin d'éviter l'ankylose. Ainsi certaines surfaces articulaires après destruction du cartilage présente la formation d'une nouvelle surface osseuse polie.

Les interventions sur le crâne ou trépanations.

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Il ne fait plus aucun doute aujourd'hui que les populations pratiquaient des trépanations. Il semble bien que certaines soient en liaison avec un traumatisme dans d'autres cas on a également évoqué la notion de trépanation rituelle, surtout lorsque celle-ci n'atteignait qu'une faible épaisseur du crâne.

Les outils employés sont essentiellement des silex. Après avoir retiré le cuir chevelu, le « chirurgien préhistorique » travaillait à découper la boite crânienne en forme d'ellipse (rarement circulaire). Le pourtour de l'ouverture est en biais, vers le centre. Au dépens de la table externe, afin d'aborder l'endocrâne sans toucher le sac dure-mèrien. Lorsque le patient a survécu une mince lame cicatricielle s'est formée sur l'ouverture.

Dans de très rares cas il y a eu une réaction inflammatoire de la berge orificielle.

Par cette opération les praticiens préhistoriques pouvaient décompresser les méninges, extirper des lésions infectieuses du crâne comme ce fut le cas à La Vallée du Petit-Morin où le pariétal présente des lésions tuberculeuses.

Dans certains cas on a constaté la réalisation d'une seconde trépanation peu soignée qui suit de près ou de loin la première trépanation avec trace de cicatrisation. On peut penser que le praticien a souhaité comprendre ce qui s'était passé dans le crâne trépané. Un contrôle post mortem en quelque sorte dans un but pédagogique cette fois.

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Cette soif d'apprendre est peut-être la cause d'une trépanation effectuée sur une vache du site de Champ Durand à Nieul-sur-L'Autize (Vendée).

  • Les tatouages thérapeutiques

La momie d' Ötzi ou « L'homme des glaces » âgé d'environ cinquante ans, a été trouvé le 19 septembre 1991 à 3 213 m d'altitude dans les Alpes italiennes près de la frontière autrichienne, à l'endroit précis où il était décédé 5 300 ans plus tôt.

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Sur son corps, seize tatouages constellés d'une cinquantaine de traits, placés à quelques millimètres de points d'acupunctures connus, semblent indiquer que la société de l'époque d'Ötzi pratiquait le tatouage thérapeutique. Ce procédé pouvait exister antérieurement mais l'absence de corps dont les parties molles et la peau sont conservés ne permet pas de le confirmer.

Ötsi ©  M. Theissl: Ce tatouage en forme de croix est situé sur le genou droit.

Ötsi © M. Theissl: Ce tatouage en forme de croix est situé sur le genou droit.

Pour la réalisation des tatouages thérapeutiques, il fallait faire une incision sur laquelle on a appliqué une pâte à base de charbon mélangée avec de l'eau ou de la salive. Après cicatrisation, le tatouage de couleur bleuâtre apparaît.

Ötsi - ©  M. Unterdorfer: rayures sur l'articulation du poignet gauche

Ötsi - © M. Unterdorfer: rayures sur l'articulation du poignet gauche

photo Ötsi © M. Unterdorfer: divers tracés sur le dos

photo Ötsi © M. Unterdorfer: divers tracés sur le dos

  • L'usage des plantes

Il ne fait aucun doute que les plantes ont été employées dans un but thérapeutique. Divers récipients en conservent des traces. Mais en l'absence de « recettes », il est délicat de connaître la pharmacopée préhistorique. Tisanes, cataplasmes ... devaient tenir un grand rôle et ce savoir se transmettait probablement de générations en générations pour certains initiés « les sorciers » .

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Il y a la découverte d'une statuette féminine faite à Grimaldi en Ligurie (Italie) qui pose le problème du manque d'iode pour des populations montagnardes. Dans ce cas se développe un goitre à la base du cou. Cette carence pouvait être limitée par l'absorption de plantes riches en iode comme la bourrache. Ce savoir se transmettait sans doute et la Vénus présentant cette pathologie nous rappelle ce manque alimentaire.