Selon une étude clinique, la pratique de l'acupuncture avant et durant une intervention chirurgicale réduirait significativement les risques d'effets secondaires liés à l'anesthésie.

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Acupuncture : points et méridiens selon un dessin de l'époque de la dynastie Ming. Source: Imagery From the History of Medicine

Acupuncture : points et méridiens selon un dessin de l'époque de la dynastie Ming. Source: Imagery From the History of Medicine

"Tandis que les patients traités par acupuncture recevaient nettement moins d'opioïdes [des antalgiques, NDLR] que les autres, les résultats les plus importants ont été constatés au niveau de la réduction des effets secondaires", déclare Tong Joo Gan, anesthésiste de la Duke University Health System (Grande-Bretagne). Et d'ajouter que ces effets secondaires peuvent avoir une influence négative sur la récupération d'un patient et la durée de l'hospitalisation. Ce médecin vient de présenter les résultats de son analyse à la conférence scientifique annuelle de la société américaine d'anesthésiologie à San Francisco. Selon les auteurs de cette étude (qui a compilé quinze ensembles d'observations cliniques), la fréquence des nausées serait divisée par 1,5, les démangeaisons cutanées par 1,3, les vertiges par 1,6 et les problèmes de rétention urinaire par 3,5.

Ces résultats confortent l'hypothèse selon laquelle l'acupuncture jouerait un rôle dans la qualité d'une intervention chirurgicale. D'autres études antérieures, dont certaines ont été conduites par Gan, vont également dans ce sens, indiquant que l'acupuncture réduirait certains effets indésirables, tels nausées et vomissements. Cette méthode possède en plus l'avantage d'être peu coûteuse et de ne présenter aucun effet secondaire si elle est pratiquée par un personnel qualifié et selon toutes les précautions d'usage habituellement appliquées en matière de stérilité (aiguilles à usage unique, etc.).

L'acupuncture

Selon la médecine traditionnelle chinoise, l'état de santé d'un individu reposerait sur l'équilibre énergétique entre le corps physique - le yin - et d'énergie qui anime la matière - le yan - lequel circule le long de conduits appelés les méridiens. Toute perturbation de cette énergie (le Qi) entraîne un blocage qui se traduit par l'entrave au mouvement. L'énergie s'accumule alors en amont de cette entrave et un déficit apparaît en aval. L'acupuncteur tentera alors de localiser l'endroit de ce dysfonctionnement, et à l'aide de l'aiguille, de rediriger le flux d'énergie.

Bien entendu cette théorie (que nous avons ici fortement schématisée...) ne convainc pas le scientifique qui tente de découvrir les raisons du fonctionnement de l'acupuncture, dont certains effets sont aujourd'hui démontrés. Les résultats les plus récents de la recherche semblent s'orienter vers la capacité des points d'acupuncture à stimuler la production d'hormones spécifiques lorsqu'ils sont excités, telles des endorphines. Gan entreprend actuellement de nouvelles études afin d'éclaircir ce schéma.