Avec cette image très détaillée et en haute résolution de la galaxie du Triangle (ou M33), Hubble nous invite à voyager parmi les dizaines de millions d’étoiles qui peuplent notre voisine.


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    C'est la vue la plus détaillée jamais réalisée de Messier 33 -- ou M33 --, appelée aussi la galaxie du Triangle car elle se situe en direction de la petite constellation du même nom, en dessous d'Andromède. Rappelons que cette dernière abrite en son sein notre voisine commune, à M33 et notre maison la Voie lactée, la célèbre galaxie d’Andromède (M31). Avec la galaxie du Triangle, distante d'environ 3 millions d'années-lumière de nous et de quelque 750.000 années-lumière d'Andromède, elle est l'objet le plus lointain que l'on peut distinguer à l'œilœil nu depuis la Terre. Ajoutons aussi que les trois galaxies sont les membres dominants du Groupe local, lequel compte une cinquantaine de galaxies.

    Presque visible à l'œil nu, M33 est un joyau du ciel incontournable pour tous les curieux qui ont accès à une lunette ou un télescope. Cette petite tâche laiteuse que l'on peut distinguer par une belle nuit noire, limpide et dénuée de pollution lumineusepollution lumineuse, est l'une des cités d'étoilesétoiles les plus riches et fécondes de l'amas local. En effet, parmi les milliards d'étoiles qui la rendent si lumineuse, ses progénitures abondent, se développant à un rythme effréné dans le creux de ses multiples nébuleusesnébuleuses. Bien que sa longue histoire ne soit pas encore bien connue, les astronomesastronomes tendent à penser qu'elle a évolué en marge de ses deux voisins géants et qu'elle a peu subi peu leur influence.

    Plus de 25 millions d’étoiles sur cette photo composite de la galaxie spirale M33. Voir plus bas, pour obtenir l'image en très haute résolution. © Nasa, ESA, M. Durbin, J. Dalcanton, B.F. Williams (<em>University of Washington</em>)
    Plus de 25 millions d’étoiles sur cette photo composite de la galaxie spirale M33. Voir plus bas, pour obtenir l'image en très haute résolution. © Nasa, ESA, M. Durbin, J. Dalcanton, B.F. Williams (University of Washington)

    Plus de 25 millions d’étoiles sur cette photo !

    Faisant face à nous, la belle galaxie spiralegalaxie spirale pourrait presque nous apparaître comme un reflet de la Voie lactée nonobstant sa taille -- elle s'étire sur environ 50.000 années-lumière -- et son impressionnante prodigalité.

    L'image que l'on peut admirer ci-dessus se compose de 54 clichés pris par le télescope spatial Hubbletélescope spatial Hubble. Couvrant une portion d'environ 19.000 années-lumière de la galaxie, la NasaNasa a indiqué que l'on peut y compter la bagatelle de 25 millions d'étoiles (on n'a pas vérifié). Cela peut paraître considérable mais ça ne représente en réalité qu'une fraction de sa population qui est estimée entre 30 et 40 milliards d'étoiles.

    Pour profiter pleinement de cette vue très détaillée de M33, vous pouvez la télécharger en très haute résolutionrésolution ici (32.073 x 41.147 pixelspixels, 1.51 Gb !). Il existe aussi une version un peu plus légère ici (16.037 x 20.574 pixels, 543 Mb).

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    M33 serait-elle la plus belle galaxie spirale ?

    Article de Jean-Baptiste FeldmannJean-Baptiste Feldmann publié le 5 décembre 2010

    Sa majesté M 33, la galaxie du Triangle. © Manfred Konrad
    Sa majesté M 33, la galaxie du Triangle. © Manfred Konrad

    Située dans la très modeste constellation boréale du Triangle, la sculpturale galaxie Messier 33 pourrait très sérieusement prétendre à la plus haute place sur le podium de Miss Galaxie.

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    Dans le ciel de cette fin d'automneautomne, la plupart des astronomes n'ont d'yeux que pour M 31M 31, la galaxie d'Andromède. Il suffit pourtant de faire glisser son télescope de quelques degrés vers la constellation voisine du Triangle pour y déloger le plus beau spécimen de galaxie spirale vue de face, M 33. Sous des cieux dégagés de toute pollution lumineuse, l'œil nu suffit d'ailleurs à repérer la tache floue de ces deux universunivers-îles. Avec une magnitudemagnitude visuelle de 5,7 et une taille apparente équivalente à presque quatre fois celle de la Pleine LunePleine Lune, M 33 reste un objet très spectaculaire si on a la chance de l'admirer dans d'excellentes conditions.

    Comme beaucoup d'objets nébuleux, la galaxie du Triangle est enregistrée dans le célèbre catalogue de l'astronome Charles Messier qui la lista à la 33e place en 1764. Elle semble pourtant avoir été remarquée plus d'un siècle auparavant par Giovanni Batista Hodierna. Cet astronome à la cour du duc de Montechiaro observait le ciel depuis Palerme vers 1650 avec une petite lunette comme celle que Galilée avait pointé vers les étoiles 40 ans plus tôt. Bien que méconnu, Hodierna réalisa le premier catalogue d'objets nébuleux intitulé De Admirandis Coeli Characteribus contenant une quarantaine de cibles célestes.

    La distance qui nous sépare de M 33 a été estimée à environ 3 millions d'années-lumière grâce aux 25 céphéidescéphéides qu'on y a recensées, des étoiles variablesétoiles variables qui servent de balises cosmiques. La galaxie du Triangle, tout comme celle d'Andromède, appartient au groupe local de galaxies dont fait également partie la nôtre, et elle se rapproche de nous à une vitessevitesse de 24 kilomètres par seconde. Avec 50.000 années-lumière de diamètre, M 33 est le troisième membre de ce groupe local par la taille. 

     <br />Dessin de M 33 réalisé par William Parsons au XIX<sup>e</sup> siècle. © DR
     
    Dessin de M 33 réalisé par William Parsons au XIXe siècle. © DR

    Un tourbillon d'étoiles et de nébuleuses 

    La plus belle représentation de M 33 réalisée avant l'avènement de la photographiephotographie est un dessin de William Parsons (ci-dessus). Ce riche Irlandais, troisième comte de Rosse, se fit construire un télescope de 183 centimètres de diamètre, qui lui servit à réaliser de très beaux croquis de nébuleuses et galaxies au milieu du XIXe siècle.

    Face à nous, la galaxie du Triangle détaille ses magnifiques bras spiraux et comme toujours ce sont les photographies qui en révèlent les plus fines structures ainsi que les couleurscouleurs chatoyantes. De nombreuses nébulosités rouges trahissent la présence de nuagenuage d'hydrogènehydrogène ionisé par le rayonnement ultravioletultraviolet de très jeunes étoiles massives. La plus grande de ces nurseries stellaires se situe dans la partie inférieure droite de la galaxie sur l'image ci-dessous, réalisée par l'astrophotographe allemand Manfred Konrad.

    Cette grande nébuleuse rouge numérotée NGCNGC 604 fut découverte par l'astronome anglais William HerschelWilliam Herschel quelques semaines après la classification de la galaxie par Messier. NGC 604 présente un diamètre d'environ 1.500 années-lumière et son spectrespectre a révélé les mêmes éléments chimiqueséléments chimiques que ceux détectés dans M 42, la nébuleuse d'Orion. Le télescope Hubble a découvert environ 200 jeunes étoiles massives dans cette pouponnière qu'est NGC 604.

    Si les nuages rouges qui parsèment les bras des galaxies sont des nébuleuses à émissionémission, d'autres (de couleur bleu) sont la signature caractéristique des nébuleuses par réflexion, des coconscocons poussiéreux qui réfléchissent la lumière des jeunes étoiles situées à proximité. On en trouve de nombreux exemples dans les bras de la galaxie du Triangle, similaires à notre amas des Pléiades. Avec son télescope de 30 centimètres de diamètre et sa caméra CCDCCD, Manfred Konrad a su restituer toute la majesté de cette galaxie où les astronomes espèrent pouvoir un jour observer une supernovasupernova, comme il y presque trois ans dans NGC 2770. Mais cette fois, le spectacle se déroulera 30 fois plus près de nous !