Certains animaux parcourent chaque année des milliers de kilomètres pour rejoindre leur lieu de villégiature hivernale ou pour se reproduire. Si l’on connaît bien l’exemple des oiseaux, les mammifères terrestres ne sont pas en reste, le record appartenant à un loup gris qui a parcouru 7.000 kilomètres en un an.


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    En matièrematière de migration animale, les oiseaux sont les champions incontestés. Le record appartient ainsi à la sterne arctique, qui peut parcourir jusqu'à quatre fois la distance Terre-LuneLune au cours de sa vie ! Mais quand on se déplace à quatre pattes, cela va forcément beaucoup moins vite et les obstacles sont bien plus nombreux (routes, clôtures, cours d'eau, urbanisation...). Certains mammifères parviennent pourtant à couvrir des distances étonnantes lors de leur migration.

    Les animaux terrestres qui parcourent les plus longues distances lors de leur migration

    Une équipe de chercheurs internationaux a entrepris de mesurer quels animaux terrestres parcourent les plus longues distances lors de leur migration. Ce qui n'est pas chose facile, car les mammifères empruntent souvent des détours et fractionnent leur périple en plusieurs petits trajets. De plus, les déplacements ne sont pas liés forcément à la migration, mais peuvent aussi servir à chercher de la nourriture, fuir un danger ou défendre un territoire.

    Les chercheurs ont donc établi deux classements, en compilant différentes études et en se basant sur leurs propres mesures. Le premier, basé sur la simple distance en ligne droite entre le point de départpoint de départ et le point d'arrivée, donne largement gagnant le cariboucaribou, avec 1.350 km parcourus par an. Avec 1.200 km, le renne arrive deuxième, suivi loup gris et du cerf hémionecerf hémione ou cerf mulet. Un record de 2.400 km avait bien été enregistré en 1998 par une saïga, mais cette estimation sans confirmation GPSGPS n'a pas pu être prise en compte par les chercheurs.

    Distance en ligne droite parcourue lors la migration des animaux (km). Seule la distance maximale a été retenue pour chaque espèce. <i>Source : Kyle Joly et al, Scientific Reports, 2019. © Freepik, parkjisun, Sean Henderson, Becca, Iris Li, the Noun Project, photomontage C.D</i>
    Distance en ligne droite parcourue lors la migration des animaux (km). Seule la distance maximale a été retenue pour chaque espèce. Source : Kyle Joly et al, Scientific Reports, 2019. © Freepik, parkjisun, Sean Henderson, Becca, Iris Li, the Noun Project, photomontage C.D

    Le deuxième classement mesure la distance totale cumulée au cours de l'année, estimée par GPS et pondérée par la fréquence des relevés (si les relevés sont pris toutes les 12 heures, la distance sera par exemple augmentée de 10 % par rapport à des relevés pris toutes les 5 heures). Le loup gris ressort grand gagnant de ce nouveau classement, avec une distance cumulée de 7.247 km dans l'année. Il est suivi de l'âne sauvage de Mongolie, avec une migration de 6.145 km et du renard arctique avec 5.903 km. Le pauvre caribou est bien distancé avec « seulement » 4.868 km.

    Distance totale cumulée en un an parcourue lors la migration des animaux (km). Seule la distance maximale a été retenue pour chaque espèce. <i>Source : Kyle Joly et al, Scientific Reports, 2019. © Freepik, Gerardo Martín, Felix Brönnimann, parkjisun, Becca, Sean Henderson, the Noun Project, photomontage C.D</i>
    Distance totale cumulée en un an parcourue lors la migration des animaux (km). Seule la distance maximale a été retenue pour chaque espèce. Source : Kyle Joly et al, Scientific Reports, 2019. © Freepik, Gerardo Martín, Felix Brönnimann, parkjisun, Becca, Sean Henderson, the Noun Project, photomontage C.D

    La migration des mammifères en danger ?

    De manière générale, pour une même région, les animaux plus petits parcourent plus de kilomètres que les très gros mammifères, qui ont plus de poids à transporter. La distance totale dépend aussi du régime alimentaire, les prédateurs devant plus se déplacer pour traquer leurs proies.

    Ces très longues migrations animales risquent malheureusement de se faire de plus en plus rares, déplorent les auteurs de l'étude. D'une part, à cause de l’urbanisation et du développement des différentes infrastructures humaines qui entravent de plus en plus le trajet des animaux migrateurs. D'autre part, les populations de certains animaux sont en déclin, ce qui induit des distances plus courtes, la migration étant notamment motivée par une forte densité d'animaux.