Les plantes carnivores qui renversent la chaîne alimentaire sont le cauchemar des insectes. Pourtant les insectes peuvent à leur tour jouer un mauvais tour aux plantes carnivores en les intoxicants avec des métaux lourds. Selon des chercheurs britanniques, cette intoxication alimentaire pourrait être une menace supplémentaire pour les plantes carnivores déjà en déclin.

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    Le déclin des plantes carnivores pourrait être dû à un régime à base d’insectes contaminés par des métaux lourds. © iStock

    Le déclin des plantes carnivores pourrait être dû à un régime à base d’insectes contaminés par des métaux lourds. © iStock

    Les plantes carnivores subissent un déclin mondial. Ces plantes originales se sont adaptées aux carences en éléments nutritifs de leurs milieux en développant des pièges pour se procurer des compléments alimentaires sous la forme d'insectes. Seulement voilà, les carences alimentairescarences alimentaires ne sont plus leur seul gros problème. Désormais, la dégradation et la disparition de leurs habitats (zones humides, tourbières), la cueillette illégale et la pollution les menacent.

    La pollution, notamment, vient de révéler un nouveau mode assez vicieux de contaminationcontamination de ces plantes. Si ces plantes ne vont pas à la pollution en métauxmétaux lourds, celle-ci vient à elles en exploitant comme moyen de transport... les insectes ! Les proies des plantes carnivores, mobilesmobiles, peuvent en effet provenir de zones contaminées et donc contenir des traces de métaux lourds comme le cuivre (Cu) ou le cadmiumcadmium (Cd).

    Le cuivre, ça va, le cadmium, bonjour les dégâts...

    Des chercheurs de l'Université de Bournemouth, au Royaume-Uni, se sont intéressés à ce mode de contamination et ont nourri une plante carnivore (Sarracenia leucophylla) avec des mouches contaminées par du cuivrecuivre ou du cadmium. Leurs conclusions parues dans la revue Environmental Science & Technology montrent que l'absorptionabsorption de cuivre ne pose pas de problème de toxicitétoxicité à la plante, qui le transfère dans ses racines.

    En revanche, le cadmium s'accumule dans les tiges jusqu'à atteindre une dose toxique. A ce moment, la biomasse de la plante se réduit, signe de toxicité et de perturbation de la croissance végétale. A une dose élevée, le cadmium perturbe en effet l'absorption d'eau et de nutrimentsnutriments par la plante.

    Si le phénomène de bioaccumulationbioaccumulation, c'est-à-dire d'absorption et de concentration de substances chimiques, est un classique de l'écotoxicologie, il est généralement observé dans la chaîne alimentaire dans le sens producteurs primairesproducteurs primaires (végétaux, bactériesbactéries) vers consommateurs (insectes, herbivoresherbivores). Ici, du fait de la particularité des plantes carnivores, le sens est inversé : de l'insecte vers la plante.

    Les chercheurs  AIain Green et Christopher Moody suggèrent donc de contrôler et limiter les pollutions au cadmium, provoquées par les engrais, les revêtements métalliques ou une mauvaise gestion des déchetsdéchets, pour améliorer la préservation des plantes carnivores.