La future réglementation environnementale 2020, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2021, déclare sa flamme au tout électrique. Les acteurs de certaines énergies renouvelables, comme l’aérothermie et la biomasse en sont tout marris. En cause, la prise en compte d’un nouveau coefficient de conversion en énergie primaire.


au sommaire


    Sont dites « primaires » les énergies disponibles à l'état naturel et utilisables, ou presque,  sans transformation : boisbois, charboncharbon, gaz naturelgaz naturel, pétrolepétrole, schistesschistes bitumeux, rayonnement solairerayonnement solaire, ventvent, etc. Elles se distinguent des énergiesénergies « secondaires », telle l'électricité provenant de centrales thermiques ou nucléaires. Vient en troisième échelon l'énergie « finale », celle distribuée et prête à consommer : électricité ou gaz en habitation, essence ou gazole à la pompe... Le rapport énergie primaireénergie primaire/énergie finaleénergie finale permet de connaître le coût réel de chaque énergie (de l'exploitation de la ressource à sa distribution) et de mesurer son impact environnemental (CO2...). Le calcul s'effectue en utilisant des coefficients de conversion réglementaires. C'est là que le bât blesse.

    Pourcentages de production nette d’électricité en France métropolitaine sur un total de 548, 6 TWh en 2018. © M.B. (source RTE)
    Pourcentages de production nette d’électricité en France métropolitaine sur un total de 548, 6 TWh en 2018. © M.B. (source RTE)

    Un coefficient sur mesure au bénéfice de l’électricité

    Pour évaluer l'efficacité énergétique d'une constructionconstruction neuve selon la RT 2012 (toujours en vigueur), on se base par convention sur un facteur de conversion de 1 pour les énergies primaires et de 2,58 pour l'électricité. Le différentiel est dû à la quantité d'énergie primaire nécessaire pour produire 1 kWh d'électricité « finale », soit 2,58 kWh.

    La RE 2020 entend modifier la donne en abaissant à 2,3 le coefficient applicable à l'électricité. Ce qui va réduire mécaniquement le bilan carbonebilan carbone du chauffage électrique de 210 à 79 gCO2/kWh. C'est tout bénéfice pour une technologie jugée énergivore, que les organismes officiels encourageaient à remplacer par des équipements producteurs de chaleurchaleur renouvelable. D'où l'inquiétude de la concurrence, à commencer par les secteurs de la chaudière, de la pompe à chaleur et du chauffage bois de dernière génération. Lesquels, relayés par Uniclima (syndicat professionnel) et des associations comme négaWatt dénoncent le retour en force du « convecteur » dans les logements neufs. Un équipement économique à installer, sinon à utiliser.

    Le saviez-vous ?

    Dans un entretien au quotidien Libération en date du 09 mars 2020, Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire justifiait son arbitrage par la nécessité de corriger un coefficient « anormalement favorable au gaz », qui est émetteur de gaz à effet de serre.