L’outil logiciel grâce auquel le physicien Stephen Hawking, atteint de la maladie de Charcot, parvient à communiquer via un ordinateur est désormais disponible pour le plus grand nombre. Intel, qui a conçu l’ACAT (Assistive Context-Aware Toolkit), espère qu’il aidera les personnes souffrant de maladies neurodégénératives et contribuera au développement de nouvelles interfaces de communication.

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Bien qu'il soit très lourdement handicapé par la sclérose latérale amyotrophique (SLA) dont il souffre, Stephen Hawking a toujours maintenu une activité publique et médiatique. Il y a quelques mois, le scientifique a d'ailleurs fait son entrée sur Facebook en publiant des messages signés de ses initiales S. H. Presque totalement paralysé, le spécialiste des trous noirs utilise un système de communication développé tout spécialement pour lui par Intel. Le programme nommé Assistive Context-Aware Toolkit (ACAT) fonctionne en trois étapes. Tout d'abord, il détecte des signaux visuels relayés par des capteurs. Ces signaux permettent de contrôler une interface pour sélectionner des lettres afin de composer un mot. Un logiciel d'autocomplétion se charge de prédire le mot que l'utilisateur veut écrire. Le texte est ensuite verbalisé par un synthétiseur vocal.

Dans le cas du professeur Hawking, le logiciel lit les mouvements de contraction des muscles de l'une de ses joues. Au fil du temps, Intel a élargi le développement cette plateforme afin de la rendre plus polyvalente, de sorte qu'elle puisse s'adapter à des niveaux de handicap plus ou moins élevés. Le géant nord-américain vient de franchir une nouvelle étape en annonçant que son logiciel était désormais accessible à tous en téléchargement gratuit via GitHub. Par ailleurs, le code d'ACAT est publié en open source.

Cette capture d’écran illustre le fonctionnement du logiciel ACAT lorsqu’il est associé à une webcam. L’interface se compose de trois fenêtres. La première correspond à la détection de mouvements de certaines zones du visage, matérialisées par des rectangles colorés. Le rectangle vert représente la contraction musculaire de la joue. Cette détection permet de naviguer dans la deuxième fenêtre qui affiche un clavier virtuel ainsi qu’un système prédictif qui déduit les mots que la personne veut taper. Le texte qui apparaît dans le bloc-notes Windows est ensuite converti en parole par synthèse vocale. © Intel

Cette capture d’écran illustre le fonctionnement du logiciel ACAT lorsqu’il est associé à une webcam. L’interface se compose de trois fenêtres. La première correspond à la détection de mouvements de certaines zones du visage, matérialisées par des rectangles colorés. Le rectangle vert représente la contraction musculaire de la joue. Cette détection permet de naviguer dans la deuxième fenêtre qui affiche un clavier virtuel ainsi qu’un système prédictif qui déduit les mots que la personne veut taper. Le texte qui apparaît dans le bloc-notes Windows est ensuite converti en parole par synthèse vocale. © Intel

Compatible uniquement avec Windows

Le programme a été conçu pour fonctionner sous Windows XP et suivants. Il peut être associé à divers types de capteurs comme des interrupteurs infrarouge (voir la vidéo de démonstration publiée par Intel), des appareils photo, des boutons-poussoirs ou encore des accéléromètres. Toute personne munie d'un PC Windows et d'une webcam (voir la vidéo Intel) peut donc essayer ACAT. L'idée est que le système puisse être adapté en fonction du niveau de handicap et des parties du corps encore mobiles. En outre, ACAT ne permet pas seulement de faire de la synthèse vocale, il peut aussi servir à contrôler un ordinateur, utiliser des logiciels ou naviguer sur Internet.

« Notre espoir est qu'en rendant open source cette plateforme configurable, les développeurs vont poursuivre le travail en ajoutant de nouvelles interfaces, de nouveaux capteurs, qu'ils amélioreront le système prédictif et ajouteront beaucoup d'autres fonctionnalités », explique Intel. Si ACAT est gratuit et théoriquement accessible à quiconque souhaite le tester, il reste un outil qui s'adresse principalement aux chercheurs et aux développeurs. Ces derniers peuvent l'utiliser pour améliorer le quotidien des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Mais cette technologie pourrait aussi avoir une portée plus large en servant de base à des interfaces gestuelles sans contact. Intel a prévu de collaborer avec plusieurs universités pour explorer ces possibilités.