L'année 2021 a été l'occasion de célébrer de nombreux évènements astronomiques et astronautiques : lancements de sonde et télescopes spatiaux, étude de Mars, photographies du système solaire… La rédaction de Futura vous propose de revenir sur ces moments en images. 

Alors que la fin de l'année approche, l'heure est au classement des évènements ayant marqué l'année 2021. Dans le domaine de l'astronautique et de l'astronomie, de nombreuses photos ont rythmé les douze mois écoulés, qu'elles aient été prises sur Terre ou depuis l'espace par des sondes ou des télescopes spatiaux. On peut notamment retrouver en bonne position la sonde Parker Solar Probe et sa photo prise de la surface de Vénus lors d'un survol de la planète à 7.693km d'altitude, effectué en juillet 2020. L'image, publiée par la Nasa le 24 février 2021, met en évidence plusieurs éléments -- notamment une tâche sombre étant l'un des continents de la planète -- dissimulés sous une épaisse couche de nuages. On observe aussi des filaments balayant la photo : ce sont des poussières spatiales traversant le système solaire, dont l'épaisseur d'un grain avoisine le 0,1 mm.

Photographie de Vénus par Parker Solar Probe, publiée le 24 février par la Nasa. © Nasa
Photographie de Vénus par Parker Solar Probe, publiée le 24 février par la Nasa. © Nasa

Rovers à l'honneur 

L'année 2021 a aussi été une année martienne avec l'arrivée de trois nouveaux robots sur la Planète rouge : le rover Perseverance (Nasa), le drone Ingenuity (Nasa) et l'astromobile Zhurong (CNSA, Chine). Les trois appareils arrivaient sur Mars le 18 février pour Perseverance et Ingenuity et le 14 mai pour Zhurong avec l'objectif d'en apprendre plus sur l'habitabilité de la planète déserte, et de découvrir si une vie microbienne a pu se développer à l'époque où de l'eau se trouvait à sa surface, il y a 3 milliards d'années. 

Selfie de Zhurong sur Mars. © CNSA
Selfie de Zhurong sur Mars. © CNSA

Les appareils ont aussi permis aux chercheurs et au grand public d'entendre les sons parcourant la surface de Mars tandis qu'Ingenuity devenait le premier « hélicoptère martien » à voler sur Mars. Avec Perseverance, ils sillonnent encore tout deux les plaines rocailleuses du cratère Jezero, à la recherche de roches à forer afin de prélever des échantillons qui seront rapportés sur Terre lors d'une mission postérieure, Mars Sample Return, prévue à l'horizon 2030. 

Photo de Perseverance et Ingenuity, à quelques mètres du rover. © Nasa, JPL-Caltech
Photo de Perseverance et Ingenuity, à quelques mètres du rover. © Nasa, JPL-Caltech

Space Launch System et télescope James Webb : une révolution à venir? 

Sur Terre, le monde s'apprête à tourner son regard une fois de plus vers la Lune, alors que les préparatifs du programme Artemis progressent malgré les retards successifs et un report du planning d'un an. Ainsi, la mission non habitée Artemis I devrait se dérouler entre le premier et le second trimestre 2022, mettant à l'honneur le nouveau lanceur américain, le Space Launch System (SLS). Ce dernier succède au mythique Saturn V dans la lourde tâche de mener des équipages humains sur la Lune. La première fusée SLS est actuellement entreposée au Kennedy Space Center, aux États-Unis. 

La première version du SLS, lors de son assemblage au Kennedy Space Center. © Frank Michaux, Nasa
La première version du SLS, lors de son assemblage au Kennedy Space Center. © Frank Michaux, Nasa

L'un des moments les plus attendus de 2021 est le lancement du télescope spatial James Webb, considéré comme le successeur d'Hubble et en développement depuis presque 30 ans. À la pointe de la technologie, il devrait permettre d'en apprendre plus sur l'Univers et devrait surtout fournir aux scientifiques de nouvelles clés de compréhension sur sa formation. Le JWST sera aussi en mesure d'étudier des exoplanètes et autres corps encore méconnus, voire d'en fournir des imageries directes. 

Le télescope spatial James Webb, quelques jours avant d'être expédié vers la base de Kourou, en Guyane. © Nasa, Northrop Grumman
Le télescope spatial James Webb, quelques jours avant d'être expédié vers la base de Kourou, en Guyane. © Nasa, Northrop Grumman

Bataille de milliardaires 

L'été 2021 a permis au monde entier de suivre les itérations spatiales de trois milliardaires : Richard Branson, patron de Virgin GalacticJeff Bezos, ex-P.-D.G. d'Amazon et désormais de Blue Origin ; et Elon Musk avec Space X. Branson et ses équipes lançaient la mission Unity 22 le 11 juillet 2021, devançant d'une dizaine de jours Bezos et le premier vol habité de sa New Shepard. L'avion suborbital de Virgin Galactic, le VSS Unity, transportait ainsi quatre passagers (dont le milliardaire) à 86 kilomètres d'altitude, dépassant ainsi la frontière spatiale selon les normes américaines (80 km), mais n'atteignant pas la ligne de Kármán fixée à 100 km par la Fédération aéronautique internationale (FAA). 

Le vaisseau VSS Unity transporté par deux avions massifs, avant de se propulser vers la frontière de l'espace lors du vol Unity 22. © Virgin Galactic
Le vaisseau VSS Unity transporté par deux avions massifs, avant de se propulser vers la frontière de l'espace lors du vol Unity 22. © Virgin Galactic

Le 24 juillet, Jeff Bezos inaugurait le premier vol habité de la fusée et capsule New Shepard. Le lanceur propulsait un équipage de quatre membres, dont l'ex-aspirante astronaute Wally Funk, à 107 kilomètres d'altitudes. Le vol, n'ayant duré que 10 minutes, a suscité des réactions polarisées dans la communauté aérospatiale et astronomique. Certains ont applaudi l'effort technique de la compagnie Blue Origin, tandis que d'autres dénonçaient une « course égocentrique entre milliardaires ». Blue Origin a réitéré son succès en envoyant notamment l'acteur de Star Trek William Shatner à une altitude similaire au vol précédent. 

Wally Funk et Jeff Bezos lors de leur descente de la capsule New Shepard. © Blue Origin
Wally Funk et Jeff Bezos lors de leur descente de la capsule New Shepard. © Blue Origin

Les yeux tournés vers le ciel 

Si le James Webb Space Telescope mérite l'attention qu'on lui porte, Hubble n'est pas en reste. Dans sa 31e année, Hubble a provoqué l'inquiétude des chercheurs et du grand public après qu'un problème informatique a provoqué un dysfonctionnement de l'appareil, stoppant les observations durant près d'un mois. Malgré cela, les ingénieurs ont pu résoudre l'erreur, un « glitch » sur l'un des ordinateurs du télescope. La Nasa a ainsi publié un communiqué le 17 juillet, joignant la première image obtenue par Hubble au terme de quatre longues semaines : trois galaxies, dont une spirale et deux en interaction. 

Les premières photos d'Hubble après son « rétablissement »: à gauche, la paire de galaxies ARP-MADORE2115-273 ; et à droite, la galaxie spirale ARP-MADORE0002-503. © Nasa, ESA
Les premières photos d'Hubble après son « rétablissement »: à gauche, la paire de galaxies ARP-MADORE2115-273 ; et à droite, la galaxie spirale ARP-MADORE0002-503. © Nasa, ESA

Six sorties extra-véhiculaires pour Thomas Pesquet, un record !

Pendant 6 mois, l'astronaute français Thomas Pesquet a intégré pour la seconde fois l'équipage de la station spatiale internationale (ISS) lors de la mission Alpha, d'avril à novembre 2021. Pesquet a ainsi participé à de nombreuses expériences scientifiques, sous la houlette de l'Agence spatiale européenne, tout en gratifiant le public de photos particulièrement impressionnantes prises depuis l'ISS. Le 4 octobre, Pesquet devenait le premier français à être nommé commandant de bord de la station. Au cours des 6 mois de mission, il a aussi participé à des sorties extra-véhiculaires visant à améliorer les panneaux solaires de la station. 

 

Sortie extra-véhiculaire de Thomas Pesquet le 20 juin 2021. © ESA
Sortie extra-véhiculaire de Thomas Pesquet le 20 juin 2021. © ESA

Plus récemment, une éclipse solaire était visible le 4 décembre depuis l'extrême-sud de l'océan Atlantique, puis de l'océan Pacifique. La Lune a obscurcit le Soleil pendant quelques minutes dans plusieurs régions du monde : une faible portion du sud de l'Afrique et du sud-est de l'Australie. Mais l'éclipse était entièrement visible depuis l'Antarctique. Des scientifiques présents dans un avion au moment de l'évènement ont ainsi pu profiter du phénomène, tandis que le photographe Petr Horálek a immortalisé l'instant depuis à travers le hublot. 

L'éclipse totale du 4 décembre 2021, photographiée par le photographe Petr Horálek. © Petr Horálek
L'éclipse totale du 4 décembre 2021, photographiée par le photographe Petr Horálek. © Petr Horálek

2022 devrait être aussi prolifique en images avec de nombreux évènements et dates à ne pas manquer : les différents tests de lanceurs tels que les Starship et le SLS, le début du programme Artemis ou les premières observations du télescope James Webb.