Les baisers en début de relation amoureuse auraient un rôle très important : ils permettraient le partage des microbes et la construction du système immunitaire. Grâce à cet agréable mélange de salive, le fœtus se voit conférer une protection contre le dangereux cytomégalovirus.

Le baiser est un moyen de renforcer son système immunitaire. © Divemasterking2000, Flickr, CC by 2.0

Le baiser est un moyen de renforcer son système immunitaire. © Divemasterking2000, Flickr, CC by 2.0

Les baisers langoureux des films d'amour vont peut-être devenir moins romantiques à vos yeux. Car pratiqué par 90 % des peuples de la planète, le baiser ne serait pas simplement un geste affectueux. Comme derrière beaucoup de comportements instinctifs humains, un mécanisme biologique permettant d'expliquer le rôle du baiser existerait bel et bien.

L'explication est à chercher dans la salive. Ce liquide biologique sécrété par les glandes salivaires, et partagé par les amoureux au moment du baiser, est porteur de nombreux germes bactériens et viraux apportés par la nourriture, mais aussi par les aérosols retrouvés dans l’air ambiant. Si la contraction de maladies est donc possible lors du mélange de salive au cours du baiser, le système immunitaire peut également se renforcer en fabriquant des anticorps spécifiquement ciblés contre les différents microbes auxquels l'organisme est exposé.

D'après les travaux de Colin Hendrie de l'Université de Leeds, publiés dans la revue Medical Hypotheses, le baiser aurait donc un rôle protecteur, en permettant aux amoureux de s'immuniser notamment contre un virus tératogène, le cytomégalovirus (CMV), que les futures mères doivent particulièrement éviter.

Le baiser servirait à protéger le futur bébé d'une infection par le cytomégalovirus, qui peut être gravissime. © MestreechCity, Flickr, CC by-nc-nd 2.0
Le baiser servirait à protéger le futur bébé d'une infection par le cytomégalovirus, qui peut être gravissime. © MestreechCity, Flickr, CC by-nc-nd 2.0

Cytomégalovirus : un virus tératogène

Appartenant à la famille des Herpesvirus, comme le virus de l'herpès, de la varicelle ou de la mononucléose, le CMV produit des infections latentes et persistantes. La primo-infection ou première exposition au virus est accompagnée d'une sécrétion du virus par la salive et l'urine, puis le virus reste ensuite endormi dans les cellules pour ne se multiplier à nouveau qu'en cas d'immunodéficience.

Le plus souvent, l'infection est asymptomatique chez les personnes possédant un système immunitaire opérationnel. En revanche, les personnes immunodéprimées peuvent déclarer des symptômes similaires à ceux provoqués par la mononucléose (une simple fatigue, de la fièvre), voire des symptômes sévères (rejet de greffe, hépatite, encéphalite...). Privé d'un système immunitaire définitif et efficace, le fœtus n'échappe pas à la règle. 

La monogamie, une pression du CMV

Le bébé peut alors être exposé au virus dès lors que la mère contracte le cytomégalovirus au cours de la grossesse, car il est capable de traverser la barrière placentaire pour atteindre les cellules fœtales. Cela peut provoquer chez l'enfant la maladie des inclusions cytomégaliques, une infection congénitale caractérisée par une hépatite, un ictère, une augmentation de la taille du foie et de la rate, une microcéphalie et un retard de croissance. Les séquelles peuvent être très lourdes pour l'enfant, qui peut être atteint de surdité et de retard mental, voire perdre la vie.

Les baisers tendres en début de relation amoureuse auraient donc pour but d'infecter les femmes par le CMV avant qu'elles ne tombent enceintes, afin qu'elles soient immunisées. La synthèse d'anticorps se poursuivrait jusqu'à obtenir une immunité maximale après six mois de relation amoureuse, mais uniquement contre la souche de CMV portée par son conjoint. La monogamie est donc nécessaire pour protéger l'enfant, sans quoi un baiser d'un autre homme peut mener à une nouvelle infection par une nouvelle souche de CMV contre laquelle la femme n'est pas protégée.