Comme quoi les volcans les plus dangereux sont souvent ceux que l’on connait le moins ! C’est la leçon de cette nouvelle étude qui apporte enfin le nom du coupable de la sévère vague de froid qui frappa le monde en 1831.


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    Un soleilsoleil bleu ! Voilà ce qu'ont pu contempler les habitants de l'hémisphère Nord en se réveillant un jour du mois d'août 1831. Un spectacle étonnant qui a rapidement fait place à un sévère désenchantement. Alors que nous sommes en plein été, une étrange vague de froid s'installe en effet. Durant plusieurs mois, cette météométéo totalement inhabituelle va alors mettre à mal les récoltes, provoquant famines en Inde et au Japon.

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    Difficile, à l'époque, d'identifier la raison de ce changement climatiquechangement climatique brutal qui restera dans les annales. Les témoignages, et notamment la présence d'une importante quantité de soufresoufre dans les glaces du Groenland et de l'Antarctique, sont cependant suffisamment clairs pour que nous sachions aujourd'hui qu'il s'agit des conséquences d'une éruption volcanique majeure. Mais laquelle ?

    Au fil des études, le coupable a en effet plusieurs fois changé de nom. S'agit-il du volcan Babuyan Claro, situé dans les Philippines ? Ou du Ferdinandea, en Sicile ?

    Une éruption a bien eu lieu sur le Ferdinandea en août 1831. Mais il pourrait s'agir d'un faux suspect ! © <em>British Library, Wikimedia Commons</em>, domaine public
    Une éruption a bien eu lieu sur le Ferdinandea en août 1831. Mais il pourrait s'agir d'un faux suspect ! © British Library, Wikimedia Commons, domaine public

    Un coupable bien discret

    Ni l'un ni l'autre, suggère une nouvelle étude publiée dans la revue PNAS. Une analyse détaillée des carottes de glace a en effet permis de montrer que les sulfuressulfures retrouvés dans ces environnements glaciaires ont été formés dans la stratosphère à partir d'aérosolsaérosols volcaniques, ce qui suppose une puissante éruption. Or, si le Ferdinandea est bien entré en éruption en 1831, cette activité semble avoir été plutôt modérée.

    Finalement, c'est l'analyse chimique des minuscules particules de cendre qui a permis d'identifier le coupable. Les résultats ont en effet montré un faible taux de potassiumpotassium, une signature bien caractéristique, habituellement associée aux volcans japonais et des îles Kouriles. Aucune archive ne témoignant d'une éruption au Japon en 1831, l'attention des chercheurs s'est donc portée sur ce long archipel russe formé d’îles volcaniques.

    Le volcan Zavaritskii, dont la caldera est visible au centre de l'île Simushir dans les Kouriles, serait le responsable de l'hiver volcanique de 1831. © Nasa, <em>Wikimedia Commons</em>, domaine public
    Le volcan Zavaritskii, dont la caldera est visible au centre de l'île Simushir dans les Kouriles, serait le responsable de l'hiver volcanique de 1831. © Nasa, Wikimedia Commons, domaine public

    La comparaison chimique avec les cendres de plusieurs de ces volcans a ainsi positionné le Zavaritskii comme suspect numéro un. Ce volcan, discret et très isolé, situé sur l'île Simushir, se présente aujourd'hui sous la forme d'une calderacaldera. Les reconstructions de magnitudemagnitude et de forçage climatique montrent pourtant qu'il pourrait bien être le responsable du refroidissement notable du climatclimat enregistré entre 1831 et 1833.