Le Taurus Electro G2, de l’entreprise slovène Pipistrel, est un planeur motorisé électrique biplace – donc un engin de loisir –, commercialisé depuis 2011, ce qui en fait un cas unique. Nouveauté : une remorque à cellules photovoltaïques permet de charger une batterie, sur laquelle pourra être connectée celle de l’avion, une fois celui-ci revenu au sol.

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    Alors que l'avion solaire de Solar Impulse est immobilisé pour l'hiver le long de son tour du monde, une petite entreprise slovène, Pipistrel, explore à sa manière le vol électrique à la force des photonsphotons. La société est connue dans le monde de l'ULM et s'est fait un nom dans celui des motoplaneurs, c'est-à-dire des planeursplaneurs munis d'un petit moteur pour décoller de façon autonome. Avec le petit avion biplace WattsUp, Pipistrel s'est mise à l'aviation électrique.

    En 2011, la société montrait une version électrique du motoplaneur Taurus, de 14,97 m d'envergure pour 306 kgkg (avec les batteries). Ce type d'engin s'accommode bien d'une telle motorisation, lourdement handicapée par une faible autonomieautonomie, puisque le pilote, une fois une altitude suffisante atteinte, coupe le moteur. Pour éviter que l'hélice ne freine le planeur, ses pales peuvent alors être tournées dans le sens du vent ou bien, portée par un mât, elle est basculée à l'intérieur du fuselagefuselage. En vol, le moteur peut aussi être utilisé pour passer d'une ascendance à une autre (une « pompe » dans le langage des vélivoles) ou pour rentrer à la maison.

    Le Taurus Electro G2, avec hélice et train d'atterrissage rétractables, est propulsé par un moteur électrique consommant 40 kW, permettant le décollage sur une longueur de piste de 250 m, selon les indications du constructeur. En vol, la puissance de croisière annoncée est de 30 kW. Deux packspacks de batteries au lithiumlithium-polymèrepolymère sont proposés, de 42 ou de 59 kg, fournissant respectivement de quoi grimper jusqu'à 1.200 m ou 2.000 m.

    La finesse annoncée, hélice et trains rentrés, est de 41, autrement dit le planeur, dans un airair immobile, perd un mètre de hauteur quand il parcourt 41 m horizontalement. C'est une performance classique pour un planeur de 15 m d'envergure.

    La remorque sert à transporter le motoplaneur mais aussi à charger ses batteries. © Pipistrel

    La remorque sert à transporter le motoplaneur mais aussi à charger ses batteries. © Pipistrel

    Charger au soleil, pendant que l'avion vole...

    La charge des batteries peut désormais se faire grâce à la remorque qui sert à transporter ce motoplaneur aux ailes démontables. Des panneaux photovoltaïques sont installés sur son toittoit et fournissent 1 kW, soit, explique le constructeur, de quoi charger les batteries en 10 heures pour le pack 30 ampèresampères-heures (Ah) ou 12 heures pour le 40 Ah. De plus, une batterie se trouve dans la remorque et le planeur peut être chargé grâce à elle quand il est à l'intérieur. On peut donc emmagasiner un peu d'énergieénergie électrique (3 kWh) pendant que le planeur vole et, grâce à un contrôleur, charger les batteries de l'aéronefaéronef pendant la nuit pour repartir le lendemain...

    Bien sûr, le Taurus est un engin de loisir et pas un moyen de transport qui préfigure l'avion du futur. Mais l'idée est astucieuse et permet vraiment de voler avec de l'électricité fournie par la nature. Des ULM électriques et même des avions, comme l'E-Fan ou le Cri-Cri E-Cristalline de Hughes Duval motorisé par Electravia, ou encore des hybrides, comme le Glowfly, volent déjà mais bien peu sont commercialisés et les versions biplaces se font attendre. Pour le motoplaneur, la faisabilité est démontrée et plusieurs pays, dont la France, ont autorisé ces appareils à voler sur leur territoire.