Une étude éditée par l'institut Carnegie de Washington et conduite par Jennifer E. Fox (Center for Ecology and Evolutionary Biology, University of Oregon) et John A. McLachlan (Center for Bioenvironmental Research, Environmental Endocrinology Laboratory, Tulane University, New Orleans), démontre que l'utilisation de pesticides, et en particulier de certains produits phytosanitaires, ralentit la croissance des plantes en empêchant la fixation de l'azote et freinant considérablement la fabrication des acides aminés qui leur sont indispensables.

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Plantes en cours d'expérimentation à l'institut Carnegie de Washington. (Crédit Carnegie).

Plantes en cours d'expérimentation à l'institut Carnegie de Washington. (Crédit Carnegie).

Une intensification sans précédent du rendement agricole au niveau planétaire sera nécessaire au cours des 50 années à venir, afin de faire face au doublement de la demande en nourriture prévue face à l'augmentation de la population. Bien que le taux de rendement global des graines ait doublé au cours des quatre dernières décennies, en grande partie grâce à l'utilisation d'engrais azotés synthétiques, de pesticides et d'une irrigation plus développée, cette progression trouve actuellement ses limites et les rendements repartent à la baisse, notamment en raison des incidences sur l'environnement des pratiques agricoles modernes.

Les 20 dernières années ont ainsi connu des diminutions importantes du volume de certaines récoltes, semblant paradoxalement inversement proportionnelles à l'utilisation de plus en plus abondante d'engrais, et qui ne peuvent pas être complètement expliquées par les modèles écologiques actuels.

Les plantes vivent en effet en symbiose avec des bactéries spécifiques, les rhizobiums, qui fixent l'azote atmosphérique de l'air et l'emploient dans le processus de fabrication des acides aminés nécessaires à leur développement et à leur croissance. Or, les chercheurs ont constaté au cours de multiples expériences in vitro que plus de 20 substances couramment employées en agriculture se lient aux récepteurs des rhizobiums et les empêchent de communiquer avec la plante, réduisant la fixation d'azote. Suivant l'équipe scientifique, cela expliquerait pourquoi, notamment, le soja voit sa croissance ralentir, même en présence de doses importantes de fertilisants.

Dans certains cas, c'est directement la photosynthèse qui est affectée, avec les mêmes implications négatives. L'équipe souhaite maintenant entreprendre des recherches en plein champ, afin de déterminer plus précisément quelles molécules interviennent dans le processus de ralentissement de la croissance.