Le corps humain héberge plusieurs communautés bactériennes sur la peau ou dans l'intestin. On les appelle « microbiotes » et ils assurent de nombreuses fonctions vitales pour notre organisme. Comment ces flores microbiennes peuvent-elles influer sur notre santé ?

Le microbiote correspond à l'ensemble des micro-organismes vivant dans un environnement donné. Le corps humain héberge plusieurs microbiotes : le microbiote cutané, vaginal, des voies oropharyngées, des organes sexuels masculins et enfin, le plus connu le microbiote intestinal. La communauté de bactéries (et archées), champignons, et virus (des bactériophages) qui vit dans notre intestin est la plus dense et la plus variée.

Le microbiote intestinal est le plus étudié par les scientifiques qui recherchent son lien avec des maladies chroniques, mais aussi sa dimension thérapeutique. Pour en savoir plus sur les nombreux enjeux médicaux qui entourent le microbiote, vous pouvez consulter la fiche pédagogique « Microbiote : le deuxième cerveau va-t-il permettre de mieux soigner les patients ? » du Leem.

Le saviez-vous ?

Les Entreprises du Médicament (Leem) proposent des fiches pédagogiques, intitulées « 100 questions sur le médicament » qui répondent aux questions les plus fréquentes sur le médicament et son environnement.

Le format est 100 % numérique, mais chaque fiche est imprimable et disponible pour tous sur le site Internet du Leem.

Pour découvrir les fiches « 100 questions sur le médicament » , cliquez ici.

Le rôle naturel du microbiote

Les microbiotes humains assurent plusieurs fonctions. La présence de flore commensale sur la peau, dans le vagin ou l'intestin, constitue une barrière qui limite l'implantation d'autres germes potentiellement pathogènes. Le microbiote intestinal entretient aussi une relation étroite avec le système immunitaire. Au niveau de la muqueuse intestinale, les bactéries sont capables de moduler la différenciation, la maturation et l'activité des lymphocytes T. En effet, au contact des bactéries intestinales, les lymphocytes T deviennent tolérants à leur présence qui, habituellement, provoquerait une réaction inflammatoire.

Par ailleurs, le microbiote intestinal participe à la digestion et au métabolisme. Les bactéries intestinales assurent la dégradation des aliments non digestibles ou facilitent la digestion des sucres complexes comme l'amidon et la cellulose. Elles synthétisent aussi des vitamines indispensables à notre survie, mais que notre corps ne produit pas, et aussi des enzymes qui facilitent la digestion.

Le microbiote est propre à chaque individu. © PixScience pour l'Inserm
Le microbiote est propre à chaque individu. © PixScience pour l'Inserm

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Microbiote : le deuxième cerveau va-t-il permettre de mieux soigner les patients ?

Le lien entre microbiote et maladie

L'altération des fonctions et de la composition du microbiote est connue sous le nom de dysbiose et serait en lien avec plusieurs maladies chroniques inflammatoires. Par exemple, il a été observé que le microbiote des patients souffrant de la maladie de Crohn ou de colite ulcéreuse est moins diversifié que celui des personnes saines.

Dans le cas des personnes obèses, il a été observé que certaines d'entre elles ont un microbiote moins divers par rapport aux personnes non obèses. Dans un microbiote normal, les Firmicutes sont prédominants (64 % des bactéries appartiennent à ce groupe), puis viennent les Bactéroïdes (23 % des bactéries intestinales appartiennent à ce groupe) et d'autres divisions. Chez les patients obèses, il y a un déséquilibre. La proportion des Bactéroïdes est plus importante au dépens de celle des Firmicutes. 

Le microbiote intestinal comme médicament

Si le microbiote est lié à des pathologies, il peut aussi être un médicament. C'est ce qu'on appelle la transplantation fécale. Elle est basée sur le transfert d'une préparation de matière fécale issue d'un patient sain vers un patient malade. En France, elle est utilisée comme traitement pour des diarrhées à Clostridium difficile résistantes aux antibiotiques. C'est la seule utilisation autorisée pour le moment, mais des essais cliniques de transplantation fécale pour les maladies de Crohn ou le syndrome du côlon irritable sont en cours.

Article réalisé en partenariat avec les équipes du Leem